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Espace Rural n°147 Cmr 85

Morale et éthique

mardi 17 février 2004, par CMR Vendée (85)

Une soixantaine d’aînés du CMR, se sont réunis le 2 décembre à Aizenay. Michel Manceau, prêtre à Aizenay, théologien moraliste, nous a aidé à réfléchir sur ce thème. Des mots ont été lancés par chacun, pour mieux nous imprégnés du sujet :
- Justice, tolérance, vérité, amour, relation, affection, relativisme, partage, valeurs, droit, foi etc…

Tous ces mots qui tournent autour du sens, seront plus au moins repris au cours de la journée.

Qui dit morale ou éthique dit pratique

Comment orientons-nous notre vie ? Quel sens lui donnons nous ? Quelles sont nos valeurs ?
La morale s’impose à nous, chrétiens ou non. Le droit c’est l’obligation d’obéir à des lois, tandis que la morale, c’est ce que nous décidons de bon, après y avoir réfléchi avec d’autres.
La morale, c’est ce que la raison me conseille : devoir de respecter l’humanité qui est en moi et dans les autres. Il ne suffit pas de le dire, il faut la mettre en pratique.

Quand la morale s’impose

Quel sens peut-il y avoir à vivre ensemble, avec des conceptions différentes de la vie ? Qu’est-ce qu’une vie réussie ?
J’agis parce que j’ai la conviction que cela est bon. On doit pouvoir compter sur la parole de l’autre. La morale, c’est l’art de faire de sa vie une belle vie, pour soi et avec les autres. « Faire grandir en humanité ».

Tenir compte de notre environnement

Il n’y a pas de morale commune, ce qui est bien pour l’un, ne l’est pas pour l’autre. C’est pourquoi nous devons respecter l’autre, pour organiser un vivre ensemble, avec des conceptions différentes. Avec la complexité économique, nous ne maîtrisons pas le progrès mais devons-nous pour autant, faire autant, faire tout ce que l’on peut faire ? Nous demandons tous, le respect des droits ; ça peut paraître égoïste mais ça peut aussi être important pour les autres. D’où la nécessité du débat, pour prendre le temps de l’analyse, de la réflexion, de confronter nos points de vue. C’est une recherche toujours inachevée.

L’art de mener sa vie

Dans la recherche de la morale, il y a toujours une part d’intervention la liberté de choisir un chemin, quelquefois le moindre mal.
Nous nous construisons à partir de ce que nous avons reçu (cultures différentes). Quand l’acte est posé, nous devons rester attentifs aux conséquences. Il n’y a pas de morale sans estime de soi et des autres.

En carrefour, nous avons partagé nos réflexions :

Nos enfants, petits-enfants, d’autres ont des manières différentes de vivre : Comment cela nous provoque, nous interpelle, comment le gérons nous ? Qu’est-ce qui a fait changer nos comportements ?
Après le débat qui a suivi, Bernard Rabiller a conclu ainsi « Se dire les choses, la capacité d’accepter le point de vue de l’autre ça fait grandir en humanité ». Cinq ressources à cultiver aujourd’hui. Voici des questions, pour chacune de ces ressources, qui nous permettront, dans nos équipes, de continuer la réflexion.

Cinq ressources à cultiver :

- 1. L’éducation :
ce qui mène quelqu’un vers le meilleur de lui-même, vers sa « vocation » profonde. Elle permet d’accéder à l’autonomie.
L’école de la vie à tout âge ! Pour accéder à l’autonomie comment aller vers le meilleur de nous-mêmes ?
Pour réussir à faire grandir cette autonomie qui n’a pas d’âge , amener chacun de nous à devenir responsable .

- 2. L’Estime :
souci de soi et souci des autres. « Aimer les autres, son prochain comme soi-même ». Trouver le juste équilibre entre le « sacrifice »(qui risque de culpabiliser) et le « narcissisme » qui fait se noyer dans son image.
L’Estime : Appréciation favorable des autres et reconnaissance de leurs valeurs
Savons-nous reconnaître les valeurs des autres ?
Laissons-nous à ceux qui nous entourent les moyens de s’exprimer afin qu’ils puissent développer leurs talents.
Savons-nous être attentifs aux changements des personnes, leur évolution ou est-ce que nous les enfermons dans leur image ?

- 3. Le Courage :
s’engager pour une cause, parce qu’on a des convictions. Ainsi se développent les « valeurs » qui font que la vie en vaut la peine.
Est-ce que nos convictions nous encouragent à nous engager pour une cause (syndicale, humanitaire, sociale, citoyenne , chrétienne …)
Nous pensons que notre foi chrétienne nous aide à avoir une morale plus humaine : Avons-nous le courage de nos idées, de mettre en pratique nos convictions ?

- 4. Le Goût du Débat :
les convictions différentes peuvent amener à la violence si la parole manque. La politique a besoin d’être réhabilitée comme lieu concret où l’on débat des valeurs que l’on v eut promouvoir ensemble.
Etre homme c’est décider avec une conscience éclairée ce qui ne peut se faire que par le dialogue.
Rien ne se construit sans dialogue ; Savons-nous dialoguer et écouter, en couple, en famille, dans le quartier, en Eglise ? Le dialogue est-il possible avec tous ?

- 5. La Prudence : (Au sens des Anciens) ce n’est pas la timidité, ni même la précaution ! mais la « pensée », « l’examen », la « sagesse ». Pour ce « jugement prudentiel », notre expérience est précieuse. L’erreur est de croire qu’il faut partir de zéro.
Nos actions et nos décisions doivent être prises avec le plus possible de prudence : réflexion, sagesse, expérience, pour éviter les fautes , les dangers, les dérives.
Le mot Prudence n’a-t-il pas perdu de son sens en l’assimilant à un manque d’engagement et la peur de s’engager ?

Conclusion : La morale n’est pas la gestion peureuse d’un patrimoine, mais la reprise incessante de la richesse de l’humain.

Si des équipes reprenaient cette réflexion, merci de faire remonter le compte-rendu à la Fédé.

Le Relais Aînés


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