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Espace Rural n°147

Ma santé demain

mardi 17 février 2004, par CMR Vendée (85)

l’invitation des équipes-secteurs C.M.R. de Chantonnay-Les Essarts, Les Herbiers - Mortagne et Pouzauges - La Châtaigneraie, environ 130 personnes se sont retrouvées le 27 novembre 2003, salle du Petit Lundi à St Prouant, pour une soirée-débat sur la santé.

La soirée commence par l’intervention de trois professionnels ou responsables du monde de la santé :
Le docteur Branthome, médecin généraliste à St Germain de Prinçay,vice président du Conseil de l’Ordre de Vendée :
"Au plan national, le nombre de médecins généralistes décroît, en particulier de 2008 à 2014, c’est inéluctable. En même temps, l’âge des médecins augmente (2/3 ont plus de 50 ans). Il va falloir organiser les choses !

En Vendée, on note une nette différence entre côte, bocage, villes et sud. Entre 1995 et 2000, le nombre de médecins a augmenté de 16 sur la côte pendant qu’il diminuait de 15 dans le bocage et le sud du département. Entre 2000 et 2003, on enregistre une diminution de 23 médecins, toujours dans le bocage et le sud. Les jeunes médecins s’installent de préférence en ville ou sur la côte ; c’est vrai aussi pour les infirmières, les dentistes et autres professions de santé.
C’est une organisation nouvelle et différente qui s’instaure : on ne pourra plus se faire soigner par le médecin que l’on veut, quand on veut. Les médecins se protègent du dérangement pour tenir plus longtemps. Nous ne sommes pas toujours des patients modèles ! (Pour exemple, les procès intentés aux médecins échographistes). On aura de moins en moins de médecins 24 heures sur 24.

Madeleine Sauvêtre, infirmière coordinatrice (IDC) sur le secteur de La Châtaigneraie. :
D’abord, une personne âgée, c’est quoi actuellement ? Un Vieux, une vieille un individu de plus de 60 ans un retraité une personne dépendante (de quoi ? de qui ? ) une personne malade (un enfant peut être malade).

.La population âgée augmente ; une petite partie de cette population est malade ; mais il y a aussi la dépendance qui est la difficulté à prendre soin de soi. Quand on parle de la prise en charge d’une personne âgée, il s’agit de quelqu’un de plus de 60 ans, qui a une pathologie ou un handicap qui ne lui permet plus de prendre soin de lui tout seul. Il y a alors recours à des services, soit à domicile soit dans des hébergements.
Plusieurs lois nous renvoient à ces prises en charge : en 1981,organisation des soins (SSIAD) ; en 2002, instauration des CLIC (centre local d’information et de coordination)

Des organisations se mettent en place.. services d’aides à domicile (caisses de retraite), services de soins et d’hygiène par des infirmières et aides-soignantes (caisse d’assurance maladie). On assiste à une
professionnalisation des acteurs de l’aide à domicile (DEAVS), on est passé d’une aide ménagère à une aide à la vie sociale, cela étant toujours financé par les caisses de retraite mais aussi par le conseil général (A.P.A.).
Il s’est donc créé des réseaux de soins et des réseaux transversaux (soins palliatifs, hospitalisation à domicile). On peut aussi ajouter à cela des aides personnalisées : APL, prévention. Tous ces dispositifs ont pour objectif : "mieux vivre à domicile ".
Enfin, il faut se poser la question pour nous : comment vivre au mieux notre propre vieillesse ?

Madeleine Durand, présidente de la MSA de Vendée :
En trente ans, on a gagné 25 ans d’espérance de vie ; en un siècle elle est passée de 46 à 79 ans. L’assurance maladie, née il y a 50 ans, a globalement atteint ses objectifs : bénéficier d’une protection sociale est un progrès pour l’homme. Mais nous sommes de moins en moins capables d’en découvrir les aspects positifs.

Les professionnels sont en quête de reconnaissance. I1 y a une inquiétude certaine sur l’offre de soins en milieu rural (choix d’installation). La crise financière fait apparaître un déficit de 25 milliards d’euros, le double depuis le plan Juppé.

Regardons l’avenir autour de trois questions : a) la notion de solidarité a-t-elle changé ?
b) La responsabilité peut-elle se reconstruire ?
c) Notre modèle social peut-il ou saura-t-il s’adapter ?
Dans le domaine des soins, la première priorité est de mettre le droit à la santé des patients en premier plan, combattre les inégalités d’accès aux soins, rembourser les soins médicalement justifiés avant la demande de bien-être, assurer la coordination et le suivi des soins.
Ma santé, c’est bien sûr des soins, mais c’est aussi ma responsabilité et mon comportement. Chacun peut être acteur de son propre bien-être.
La vocation de la protection sociale ne peut pas être d’accroître les inégalités mais au contraire de les réduire. A nous de passer du rôle de spectateur à celui d’acteur responsable. Il faudra être attentifs à ce que les choix qui se profilent se fassent sans remise en cause du principe de solidarité.

Ensuite, des groupes de six à huit personnes se sont constitués sur place pour réagir à ces interventions et poser des questions complémentaires comme :
Qu ’est-ce que la solidarité familiale, aujourd’hui ?
Pour combler le déficit de la sécu, faudra-t-il payer plus pour recevoir moins ?
Pourquoi ne pas faire plus de préventif, au niveau des soins ?
Par rapport à notre responsabilité : OK. Mais que pouvons-nous faire devant le gaspillage dû par exemple au conditionnement des médicaments, à des cures pour lesquelles les accords ne semblent pas justifiés ?
Comment peut-on sortir du "business" de la santé : le prix des médicaments non remboursés a doublé dans certains cas ?
Où situer le confort médical et les soins indispensables ?
Les intervenants ont répondu à certaines de ces questions et un court échange a suivi.

Chaque groupe a été aussi amené à réfléchir sur les questions :
Comment sommes-nous acteurs de notre santé ?
Que souhaitons-nous pour l’avenir ?
Quelles solidarités nouvelles pouvons-nous vivre pour une meilleure santé ici et ailleurs ?

Voici le fruit de cette réflexion :
Nous serons acteurs de notre santé à condition : d’avoir une bonne hygiène de vie ( sport, diététique, loisir etc). Eviter le gaspillage, les excès... De faire de la prévention
L’avenir ?
Moins de gaspillage de la part des patients mais aussi des médecins (arrêts maladie, médicaments, cures...) pas de médecine à deux vitesses, droit à la santé pour tous, non à la privatisation, proximité de l’ensemble des service de santé, utiliser le médecin et le spécialiste à bon escient, utiliser plantes et homéopathies, humanisation de la santé (On soigne une personne !)

Solidarités Nouvelles
Bien différencier droits et devoirs, récupérer les médicaments non utilisés pour Pharmaciens sans frontières, avoir une meilleure connaissance des médecines naturelles, être attentif à son voisinage : personnes âgées, isolées qui ont plus besoin de chaleur humaine que de médicaments.

Pour terminer cette soirée, il a été proposé de poursuivre la réflexion avec un texte de Guy Aurenche : " A qui confions-nous la responsabilité de la santé ?" et celui d’Alphonse Limousin : "quelques réflexions sur le rapport Salut - santé".
Une dizaine de personnes a souhaité se retrouver pour partager encore sur le sujet.

Santé oblige ! Les participants à cette soirée se sont quittés après un "pot sans alcool".


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