Accueil


Accueil > Actualités > Le CMR co-signataire de la lettre ouverte aux pères synodaux

Le CMR co-signataire de la lettre ouverte aux pères synodaux

mardi 16 juin 2015, par Jennifer Gomes

Chers Pères évêques du Synode,

Par la volonté du pape François, deux questionnaires ont été adressés aux catholiques à l’horizon du synode sur la famille. Nous sommes donc entrés ensemble, fidèles du Christ et Pères synodaux, dans un processus de dialogue et d’échange qui honore toute l’Église.

Nous, membres de divers mouvements actifs francophones dans des domaines très variés, avons d’abord écouté les réactions aux deux questionnaires.

En préalable, nous nous sommes demandé pourquoi la démarche avait été redoublée d’une année à l’autre, alors que le peuple chrétien s’était déjà clairement exprimé. Á la lecture de ces questionnaires, nous n’avons pu que constater l’important décalage entre une énonciation surinvestie de catégories grecques et scolastiques et la vie des fidèles du Christ : Loi naturelle, considérations anthropologiques, lectures de l’Écriture, souvent littéralistes….

Quant au contenu des réponses, voici les éléments essentiels collectés. Ils convergent tous.

Si tous les fidèles voient dans la famille une valeur essentielle, ils soulignent qu’il n’y a pas « une » famille mais « des » familles.

L’exclusion de l’eucharistie des divorcés remariés leur est incompréhensible. Nul ne comprend que le pire des assassins soit mieux traité qu’eux. Nul ne comprend que la Table du Seigneur ne soit pas accueillante à ceux qui en ont besoin, car c’est pour les malades (et qui n’est pas malade ?) que Jésus est venu.

Quant à l’extension des procédures de nullité pour les divorcés remariés, elle est largement rejetée, tant elle heurte les consciences.

Puisque l’Église reconnait que la conscience éclairée est capable de discerner, qu’elle fasse confiance aux hommes et aux femmes qui exercent une parentalité responsable, en matière de choix d’une contraception, du nombre de leurs enfants, d’une thérapie de l’infertilité conjugale.

Enfin, les personnes qui ont répondu demandent que l’orientation sexuelle de chacun ne fasse l’objet d’aucune discrimination, encore moins d’une condamnation.

Il nous importe maintenant de saluer ce dont elles sont le signe. Nous, coopérateurs de l’Évangile, animés d’une foi sincère et désireux d’un surcroît de vie dans notre Église, nous y voyons le retour du peuple chrétien sur la scène ecclésiale publique. C’est une Bonne Nouvelle ! Le recours à la parole des fidèles, à leur sens de la foi, le sensus fidei, est une vraie tradition de l’Église, même s’il a parfois été oublié. L’Esprit souffle où il veut, nul ne peut l’assigner à résidence. L’Église trahirait donc sa Tradition vivante si elle traitait le peuple chrétien en perpétuel mineur. Demain, elle aura besoin des forces de l’ensemble de ses baptisés. Il est donc important que nous sachions ensemble nous écouter pour rendre notre Église incarnée et vivante.

Avec respect pour la lourde responsabilité qui est la vôtre, ce sont donc nos vœux les plus fraternels qui accompagnent cette lettre. Que ce synode honore l’Évangile et que chacun parle du cœur de sa foi ! Et que nos prières et notre soutien vous accompagnent.


Chrétiens dans le Monde Rural - 9 rue du Général LECLERC - 91230 MONTGERON - Tél : 01.69.73.25.25 - Mentions légales | Suivre la vie du site RSS 2.0