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CMR Nord-Lille

La crise agricole ? Quelle PAC pour 2013 ?

jeudi 15 juillet 2010, par Cyril MARTIN

Le CMR et la Fraternité Diocésaine des Parvis ont organisé ensemble, une soirée sur la PAC (Politique Agricole Commune) : ses perspectives pour 2013.

Ce sont 70 personnes qui se sont déplacées pour venir écouter Mr COMYN, (agriculteur en GAEC), Mr Jacques LOYAU (attaché parlementaire) de Mr LE FOLL qui est député européen.

Jacques Loyau nous a retracé l’histoire de la PAC :

- 1960 : Projet du MC (Marché Commun) avec pour objectif de développer et d’obtenir l’autosuffisance alimentaire.
- 1970 : Début de la surproduction. Le plan « Mansholt » prône une restructuration des exploitations avec aides à la modernisation et formation de ceux qui partaient (préretraités).
- 1980 : Surproduction en beurre, instauration des quotas laitiers et une taxe de coresponsabilité.
- 1992 : Réforme de la PAC par Mac Sharry (Irlandais) : baisse des prix et aides par des montants compensatoires, création de la jachère.
- 2000 : Même philosophie : les aides compensatoires sont transformées en aides directes.
- 2003 : Avec l’OMC (Organisation Mondiale du Commerce), les aides sont déconnectées des produits. Elles sont conditionnées par le bien-être animal et par l’environnement.
- 2005 : Nouvelle réforme : fin de la jachère et fin des quotas laitiers prévus pour 2015.

Il y a un contexte nouveau aujourd’hui à partir des raisons suivantes :
- La crise alimentaire grave de 2007-2008.
- La crise énergétique et la prise de conscience de la fin des énergies fossiles.
- La crise financière.
- Les questions environnementales.
- Le surendettement des Etats
- La baisse des revenus agricoles

Voici quelques bonnes nouvelles :
Le parlement européen devient colégislateur pour la PAC (Traité de Lisbonne). Il devient ainsi un organe central. Le nouveau commissaire à l’agriculture, un roumain, est moins libéral.

Stéphane Comyn nous parle de son métier d’agriculteur et de son avenir :

Mon métier est diversifié et passionnant. Il offre une certaine qualité de vie (contacts avec beaucoup de monde) et une relative autonomie dans le travail.

C’est un métier dur physiquement. Nous vivons actuellement une crise grave due aux contraintes extérieures : la météo, les marchés, les contrôles pour les animaux, les engrais, les traitements...

Nous traînons une mauvaise image de pollueur et nous subissons une concurrence déloyale, sociale et fiscale par les Belges qui viennent chez nous pour engraisser leurs porcs.

Pour l’avenir, j’ai quelques espoirs :
- Je pense que le bon sens l’emportera.
- Je souhaiterais une PAC forte avec des prix soutenus.
- Il faut continuer à se former pour s’adapter plus vite.
- Il est important de se faire connaître par les visites à la ferme : savoir vert, portes ouvertes, par les foires, les forums, les débats...

Échange/débat entre les participants et les intervenants :

A propos de la versatilité du prix des produits agricoles.
Pourquoi une telle versatilité du prix des produits agricoles ? A cause de la loi de l’offre et de la demande. Par nature, les marchés agricoles sont instables et les rendements aléatoires à cause des conditions climatiques.
1% de différence entre l’offre et de la demande peut enclencher une variation de 10% à 20 % des prix. Autrement dit, 1 % de surproduction entraîne une baisse de prix de 20 %.
Les producteurs, les transformateurs et les consommateurs ont besoin de stabilité dans les échanges. Toutes les agricultures mondiales ont une politique publique agricole pour assurer la stabilité de la production et donc de la nourriture. On a besoin d’outils de régulation. Ils sont indispensables. L’idée de Bruxelles, c’est de favoriser l’organisation de l’offre. D’ailleurs aujourd’hui, on a très peu de stocks alimentaires. Il faudrait que toutes les agricultures du monde puissent se protéger. Ce n’est pas l’O.M.C. (Organisation Mondiale du Commerce), uniquement, qui peut agir sur la régulation des produits alimentaires. Les Etats doivent également prendre leurs responsabilités.

- A propos du revenu qui est constitué par des aides

Cela peut nous choquer que les agriculteurs soient aidés. Sinon, la société en accepterait-t-elle le coût, c’est à dire de payer plus cher les produits alimentaires ?

L’agriculture a plusieurs fonctions : celle de l’alimentation qui est sa fonction première, celle de l’aménagement et de l’entretien du territoire, celle de l’environnement à préserver. Comment estimer la rémunération de chacune de ces fonctions ? La question reste ouverte. Il y aurait des solutions dans la diversification des agricultures (agriculture familiale, bio, raisonnée). A l’avenir, il faudra s’appuyer sur les ressources de la biodiversité des sols, retrouver une harmonie entre l’agronomie et l’environnement.

- A propos des différences entre les pays européens

La surface moyenne des exploitations agricoles est différente selon les pays. Par exemple elle est de 40 hectares en France et de 3 hectares en Roumanie. La moyenne européenne est de 17 hectares. Ces exploitations coexistent mais il y a des difficultés dans les revenus. L’Europe sociale n’est pas encore faite.

En conclusion :

L’Europe est une bonne chose et l’intuition première de s’entendre pour faire la paix semble réussir. La rénovation de la P.A.C. peut redonner du sens au projet communautaire européen.
On n’est plus tout seul. Apparaissent des pays émergents : l’Inde, le Brésil, la Chine. Il faut continuer à construire l’Europe. Elle est regardée et enviée pour sa richesse et sa solidarité. Le mélange des cultures l’a fait aussi progresser.

Jean-Pierre Défossez et Daniel Dupuit

Vous voulez participer au débat sur le futur de la PAC ! Alors n’hésitez pas à vous rendre sur le site suivant :
http://ec.europa.eu/agriculture/cap-post-2013/debate/index.htm


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