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CMR de Meurthe-et-Moselle

Face à la fermeture d’une usine, parler et écouter

mercredi 31 décembre 2008

Une usine qui ferme c’est tout un territoire sinistré. Que peut-on faire en pareil cas ? Confronté à une situation de ce type, les mouvements d’Action catholique de Meurthe et Moselle, dont le CMR, ont décidé d’agir. Une expérience qui interpelle.

En octobre 2007, le groupe Michelin annonçait la fermeture prochaine de l’usine Kléber de Toul. Principal employeur de la région, cette entreprise compte 826 salariés et 40 intérimaires. Elle fait aussi travailler directement une quarantaine de sous-traitants.
Manifestations, blocage de l’usine, dépôt de résolution à l’Assemblée nationale… rien n’y fait. En décembre 2008, l’usine, pourtant bénéficiaire, ferme définitivement ses portes.
Mais durant cette année de lutte, les mouvements d’Action catholique ne sont pas restés inactifs.

Un lieu de parole et d’écoute
Dès octobre 2007, tous les mouvements d’Action catholique de la région et des différents milieux, se mobilisent : ACI (Action Catholique Indépendante), mission ouvrière, ACR (Action Catholique Rurale) et MCC (Mouvement des Cadres Chrétiens).
Des personnes rencontrent les salariés de Kléber et leur demandent s’ils accepteraient de venir témoigner de leur combat.
Deux membres du CMR, Mijo Lacour et Colette Remy, racontent la suite :
« Six délégués du personnel sont venus. Après les présentations, l’un d’eux a déclaré : “ nous aussi, nous avons la foi. ” Un peu de provocation qui a permis d’emblée de dire comment nous nous situions, en appuyant que cette foi humaine était aussi la nôtre.
Puis ils nous ont présenté leur analyse de la situation. Ils ont longuement parlé, en toute confiance, des conséquences de cette fermeture sur les travailleurs, sur le Toulois.
Ils nous ont partagé leurs luttes, leurs craintes de fermeture qui ont commencé en 2002, et nous ont fait part de la solidarité qu’ils avaient découverte entre eux.
Plusieurs rencontres de ce genre ont eu lieu. Dernièrement, un délégué nous confiait : « ça fait du bien de parler, car il n’y a pas de stratégie dans une telle rencontre. »
A chaque rencontre, nous avons beaucoup de mal à nous quitter, et ils nous redisent qu’ils attendent des gestes de soutien.

Ce que l’on retient de ces rencontres
> La chaîne de solidarité qui s’est installée entre les salariés.
> L’importance de créer des lieux d’écoute.
> La richesse de ces temps de partage avec les salariés et en inter-pôles.
> Le vivre ensemble dans le respect de nos différences.
Comme citoyens et comme chrétiens, nous sommes tous concernés par :
• un devoir d’écoute et d’accompagnement,
• un devoir de solidarité et de résistance,
• un devoir de compréhension de l’évolution de nos sociétés,
• un devoir de participer avec les responsables économiques, politiques, sociaux et syndicaux à la vie de l’avenir du bassin du Toulois… et bien au-delà !!! »

D’après un article paru dans La Flamme, bulletin du CMR 54, en décembre 2008

Contact : michel.clausse@onf.fr

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