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Envoi du congrès II

Congrès 2005 : C’est déjà fait et c’est à faire

lundi 16 mai 2005, par Le tisserand

Ce pourrait-être le titre de cette intervention, et de chacun des quatre points ou encouragements ou envois qu’elle contient.

Par ailleurs, même si le premier envoi commence par un "je", je fais cette intervention au nom des trois Évêques du CEMMR : Mgr FIHEY, Mgr DELANNOY et moi même.

1) Élargissement du champ…

J’étais à Vichy en 89, comme Évêque accompagnateur, au moment où, après une naissance en monde agricole, puis, un premier élargissement socio professionnel par les branches, le CMR a décidé d’ouvrir le champ de sa mission à un espace rural de plus en plus diversifié en ses composantes, et, par ailleurs, de plus en plus élargi, ouvert sur l’Europe et le monde, et sur les nouveaux défis d’humanité et les nouvelles solidarités à construire.

Relecture, compréhension, discernement, conversion, engagement, service… se sont ainsi progressivement développés dans le cadre de ce champ élargi.

À preuve les thèmes des forums et des ateliers de ces jours.

L’homme, la solidarité en effet ne sont pas divisibles. On ne peut servir l’homme, en excluant certains hommes, ou en ne servant pas le tout de l’homme. La solidarité ne peut se fixer arbitrairement des limites. Même si, par ailleurs, pour construire une société nouvelle, « cieux nouveaux, terre nouvelle », il faut que chacun et tous puissent découvrir et apporter son originalité, exister, s’affirmer, « pour le service du corps entier » comme dit Saint Paul.

Évêques, nous ne pouvons que nous réjouir de cette responsabilisation à nouveaux frais du mouvement "Chrétiens en Monde Rural", responsabilisation bien dans la ligne de l’ouverture du Concile Vatican II. Nous ne pouvons que la confirmer et la soutenir. Peut être faut il aborder en cela aussi la rencontre des cultures.

Ouvrir le champ… C’est déjà fait… et c’est à faire encore !

2) Ré-ancrer, redéfinir, pour avancer

Pour assumer le rôle qui est le sien dans ce champ aux vastes horizons, le CMR a dû se ré-ancrer, revisiter sa tradition et sa mission, et sa spiritualité, redéfinir les conditions d’un exercice authentique et fécond de sa contribution. Nous l’avons entendu. Il faut saluer en particulier, à ce sujet, l’importance et la qualité du travail fait pour la "démarche de réflexion chrétienne". À noter aussi, à ce sujet encore, que ces précisions ne se font pas, ne se sont pas faites dans l’abstrait mais en rapport sans cesse avec l’exercice déjà de la mission : c’est au cœur du cheminement déjà du serviteur que ces précisions ont eu lieu. Il doit toujours en être ainsi. De ce fait, nous ne sommes jamais à la dernière étape. Je tiens à dire par ailleurs, au nom du CEMMR, notre vive reconnaissance à l’ancien Secrétaire Général, Robert, et à l’ancien Aumônier National, Martin, ainsi que nos vœux à ceux qui prennent la relève pour la nouvelle étape : Xavier, et M. l’abbé "X".

Redéfinir les conditions d’un exercice authentique et fécond de sa contribution, c’est déjà fait… et c’est à faire !

3) Parole échangée, pour un souffle nouveau

Le CMR, mouvement d’éducation et mouvement d’Église… Nous avons envie de dire : mouvement d’éducation parce que mouvement d’Église. L’Église en effet est "mater et magistra", mère et éducatrice. Comme son Seigneur, elle est essentiellement "dialogue". C’est dans l’écoute attentive, du reste, nous l’avons vu, dans l’analyse précise et la recherche des enjeux faite avec d’autres, c’est dans la parole partagée, nos paroles et la Parole, en CMR mais aussi avec les autres composantes, de l’Église locale déjà, et des communautés locales et mondiales, que peut se révéler, que peut émerger, le "souffle nouveau" pour un amour et un engagement à nouveaux frais, et des déplacements et conversions inattendus car l’Esprit conduit là où nous n’avons pas prévu, et non à des répétitions de ce qui se fait déjà.

Parole partagée pour un souffle nouveau. Cela s’est fait ici, en bien des domaines. C’est déjà fait… et c’est à faire plus que jamais, en osant la parole, et aussi, autant que nécessaire, en transposant les langages.

4) Servir l’Espérance

En Église nous devons vivre tout cela pour servir l’Espérance du monde. L’Espérance c’est croire et faire que ce qui est vécu n’est jamais le dernier mot.

Nous avons entendu ici : « Ce n’est pas certitude contre certitude… La vie peut émerger de la mort… Le monde nouveau, je l’entends respirer… Nous avons à passer de la menace de survie à la promesse de l’alliance… Créer, c’est séparer ce qui était confondu dans le chaos, pour une nouvelle mission en relation. » Et ce matin, de notre frère Burkinabé : « Le bien n’est jamais vaincu » ; ou de l’enfant : « Que la planète soit ni riche, ni pauvre ».

« Fais de ton Église, dit une prière, un lieu de vérité et de liberté, de justice et de paix pour que l’humanité tout entière renaisse à l’espérance. » Les pasteurs de l’Église comptent sur l’élan du CMR pour contribuer à ce service de l’Espérance et pour y entraîner la communauté humaine en général et les autres acteurs de la vie chrétienne. Ce n’est pas toujours évident à réaliser : les Évêques du CEMMR vous redisent : « Allez y ; n’ayez pas peur ».
C’est déjà fait… et c’est à faire ! « CMR, avance au large pour servir l’Espérance du monde ! »

Je vous remercie.

La Pommeraye sur Loire,
7 mai 2005


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