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Les universités d’été jour après jour

Bienvenue aux universités d’été

Lundi 3 août 2009

lundi 3 août 2009

Bonjour à toutes et à tous.

J’ai le plaisir au nom du CA de vous accueillir ici à St Laurent-sur-Sèvre pour les universités d’été du CMR. Période estivale, ou chacun a du abandonner une part de chez soi : enfants, conjoints, famille, congés annuels, pour venir ensemble se retrouver. Quel drôle d’idée. Mais le ton n’avait il pas été donné lorsque nous avons reçu cette semaine dans nos boites à lettre en plein été le numéro d’Agir en Rural sur le travail.

Merci donc à vous tous pour cette semaine et cette disponibilité que nous allons partager ensemble.

Je vous présente dés à présent les excuses de Mgr, de Monsieur … qui ne pourront être présent à nos travaux.

Je tiens à remercier aussi tous ceux qui ont travaillé pour la préparation de cette semaine ; je pense notamment à l’équipe nationale mais aussi à la fédération de Vendée et à Lucie Le Flahec en lien avec le comité de Pilotage présidée par Marie Jo Gauthier.

Une attention pour ceux et celles qui seront à coté de nous et qui ont nous accompagnés ici : l’équipe organisatrice leur a, je crois, concocté un programme très attractif. Il seront nous rappeler dans les temps communs que nous sommes aussi ici en vacances.

Nous aurons aussi une pensée particulière, pour ceux qui nous ont accompagnés une partie du chemin. Hervé bien sûr, Paulette Vrignaut, qui a fait partie de l’équipe nationale pendant 6 mois, et aussi pour ceux qui n’ont pu se dégager pour venir nous rejoindre ou ceux que la santé ne permet pas pour l’instant d’être avec nous : je pense tout particulièrement à Sylvie et Thérèse Marie, toutes deux du bureau national retenues chez elles pour des raisons de santé.

Autant vous le dire, nous sommes confiants au niveau du national. Nous avons connus pire. Ça va bien se passer. Mon premier motif de satisfaction c’est de vous voir tous ici. Ça impose et ça pose le décor.

Avec les université d’été, le mouvement arrive petit à petit dans la dernière ligne droite vers le congrès et il est sans doute intéressant avant de se replonger dans notre chemin parcouru, de se rappeler ce qu’on représenté les derniers congrès :

L’époque de 1994 a été marqué par la fin des branches et le Congrès de Vichy a entériné cette position. C’est l’époque des mutations sociales de la multiplication des engagements en tant que centres d’intérêt, de l’attention aux jeunes, de la dynamique de création d’équipes. Cette période se caractérise nous rappelait Joël Morlet à notre Journée Nationale de l’INJEP, par l’absence de certitude, le flou des repères, un recentrage sur l’investissement local alors que l’OMC était en train de se créer.

Le congrès de Lourdes est l’aboutissement d’une démarche de consultation, expression auprès de toutes les équipes et de leurs partenaires.. Au cours de l’université d’été de juillet 1999, 120 personnes ont, à partir des fragilités, des atouts et des attentes du monde rural, identifié 6 champs de défi.

La charte de 2000 affirme les convictions du mouvement basé sur un développement centré sur l’homme : habiter autrement l’espace rural, favoriser l’émergence de projets citoyens, partager la recherche de sens.

Enfin, à la Pommeraye en 2005 ont été définies les orientations qui sont sans doute très large en terme de préoccupations mais qui ont suscité une dynamique au niveau national et dans les fédérations. Elles sont directement issues des expériences de terrain et donnent chair à la charte 2000. Ces orientations en 4 axes sont le constat de 4 grands chantiers partagés à travers toute la France par le mouvement et pour lesquels il se donne des moyens,

Le congrès 2010 à Pontarlier qui a été lancé à l’Assemblée Générale 2008 a pour objectif de définir de nouvelles orientations, ne remettant pas en cause les thématiques ni la charte. De ce fait il fera sans doute plus miroir à celui Vichy en terme problématique traitée. Nous nous recentrerons sur le mouvement en revisitant nos fondements et notre faire mouvement..

Pour cela, le Conseil d’Administration a défini un chemin dont les différentes étapes ont constitué notre méthodologie de travail. Nous arrivons petit à petit avec les univesités d’été à la fin de la phase de réflexion. La rentrée marquera le début de celle de formalisation et de mobilisation.

Le chemin parcouru et proposé a jusqu’à ce jour rencontré un écho favorable. C’est pour nous une satisfaction.

Nous avons d’abord travaillé sur nos fondements, action catholique et éducation populaire en identifiant nos valeurs. Ces fondements non négociables constituent notre « bible », ce qui nous rassemble, ce à quoi nous sommes appelés.

Notre champ d’action, nous l’expérimentons depuis quelque temps. La Charte de 2000 et les Orientations de 2005 définissent en quelle que sorte le champ sur lequel il nous parait nous, mouvement, ou adhérent, légitime d’être acteur et de nous engager. Les axes 2 (fraternité, vivre ensemble), axe 3 (citoyenneté et territoire) et 4 (« mode vie et mode de consommation ») ne seront pas remis en cause par notre démarche. Tout au plus nous les compléterons en fonction de thématiques non portés par la national actuellement et manifestement travaillées en équipe. C’est pour nous notre « communal », le pré carré ou nous nous sentons à l’aise pour jouer et révéler notre vocation.

La fin de notre travail a été constitué par un double regard : interne tout d’abord sur notre mouvement : à travers l’analyse des questionnaires à l’issue duquel lors du séminaire de juin nous avons pu identifier 4 priorités issues de l’analyse de nos forces et faiblesses qu’il nous semble important de porter pour le congrès.
Nous les développerons cette après midi mais dés à présent nous pouvons les formuler car elles guideront notre réflexion de la semaine :
miser sur les équipes pour inventer de nouvelles formes de faire mouvement
remettre le Christ au centre pour mieux s’engager
se donner des projets pour être témoin d’une promesse
servir l’homme en contexte de ruralité en s’ouvrant au monde.

Les UE constituent le deuxième regard : un regard d’ouverture sur le rural, la société et l’Eglise afin de mieux comprendre comment notre environnement évolue, et ce qu’il attend de nous : il s’agit à ce stade pour le travail de cette semaine de passer nos priorités récemment dégagées au filtre des opportunités et menaces que nous offrent notre environnement, afin de les compléter, préciser, réorienter.

C’est donc à grâce au travail de cette semaine que le Conseil d’Administration de rentrée reprendra le travail des université d’été et proposera aux fédérations de travailler en amont du congrès sur une contribution qui sera un avant projet de nos nouvelles orientations. Par orientations nous entendons les enjeux sur lesquels le mouvement souhaite travailler et le choix des moyens définissant ainsi un nouveau faire mouvement.

L’enjeu est donc de taille, mais au vu de ce que nous avons réalisé depuis un an, nous sommes sereins. Le travail réalisé constitue un deuxième élément de confiance que nous avons su capitaliser.

Cette semaine est donc une étape importante dans notre cheminement. Le comité stratégique présidé par Didier a essayé de la construire avec le plus de pédagogie possible. Des intervenants viendront apporter leur expertise afin d’introduire nos débats sur 4 thématiques ; la ruralité, la société, l’église aujourd’hui et l’évangélisation.
Nous nous appuierons aussi sur l’analyse de Jean-François Petit de l’Institut Catholique de Paris avec qui nous travaillons en partenariat sur le chemin du congrès et qui nous accompagnera toute la semaine. Il sera notre fil rouge.

Nous débuterons nos travaux cet après-midi par un rappel du chemin parcouru et une approche pédagogique sur l’écoute. Nous accueillerons mardi et mercredi quelques uns de nos partenaires qui ont bien voulu nous accompagner pendant deux jours pour nous guider dans notre réflexion en fonction de leur culture.

Nous achèverons notre semaine vendredi et samedi par une synthèse qui pré- dessinera les orientations à travailler par les fédérations pour le congrès. Une célébration eucharistique conclura la semaine.

Enfin, je ne saurai finir cette ouverture sans rappeler que ces université d’été se situent dans un contexte particulier. Tout à l’heure à travers le rapide rappel des trois derniers congrès et de leurs principaux acquis, nous avons compris que chacun d’entre eux a sûrement été marqué par le contexte de son époque. Nous n’échapperons pas à la règle.

Le Congrès qui n’est pas un objectif en tant que tel mais qui constitue un tremplin pour le mouvement pour les 10 années qui viennent, ne peur rester insensible au contexte de crises que nous connaissons actuellement et qui va profondément façonner notre proche avenir. Je ne reviendrai pas sur les causes des ces crises successives (immobilière, financière, économique puis sociale, écologique, voir de sens pour certains…) qui nécessitent une approche globale et non sectorielle. Elles marquent une rupture avec le passé qui ne fera que rien ne sera comme avant. Je ne reviendrai pas dessus et nous ne pouvons pas remettre en cause aujourd’hui et ici même cette évidence.

Quand un système ne parvient pas à traiter des problèmes vitaux soit il se désintègre, soit il se métamorphose. Or la question de notre salut, et de celui de notre planète est plus que jamais une question d’actualité : c’est une urgence. Patrick Viveret se plait à dire que nous « vivons actuellement la fin d’un très long cycle historique, culturel et civilisationnel qui marque la fin de la modernité occidentale : cette période nous a fait passé de l’économie du salut avec l’emprise de la religion sur la société à celle du salut par l’économie avec le diktat du libéralisme. Finalement, avec cette succession de crises, la question du salut revient à l’ordre du jour.

La période n’est plus propice, aux débats et interrogations, ni même aux tergiversations et aux lamentations. C’est de sens et d’espoir dont notre société a besoin. Notre époque réclame du souffle. Pour cela il nous faut à la fois creuser le terrain de la lucidité, de la créativité de la responsabilité mais aussi valoriser le principe d’espérance.

Nous sommes là pour innover se plairont à, dire certains, proposer notre mouvement comme un lieu de renouvellement, mettre notre énergie non dans ce qui doit perdurer et survivre mais dans ce que nous devons inventer et ce qui doit commencer.

Le Conseil d’Administration souhaite profondément ancrer cette semaine dans ce contexte de changement d’ère où comme le dit Benoît XVI dans sa dernière encyclique « la crise nous met sans délai face à des choix qui sont toujours plus étroitement liés au destin même de l’homme. ». Et de continuer « La complexité et la gravité de la situation économique actuelle nous préoccupent à juste titre mais nous devons assumer avec réalisme, confiance et espérance les nouvelles responsabilités auxquelles nous appellent la situation d’un monde qui a besoin se renouveler en profondeur au niveau culturel et de redécouvrir les valeurs de fonds sur lesquelles construire un avenir meilleur. La crise nous oblige à reconsidérer notre itinéraire, à nous donner de nouvelles règles et à trouver de nouvelles formes d’engagement, à miser sur les expériences positives et à rejeter celles qui sont négatives. La crise devient ainsi une occasion de discernement et elle met en capacité d’élaborer de nouveaux projets. C’est dans cette optique, confiants plutôt que résignés, qu’il convient d’affronter les difficultés du monde présent. » .

Pour compléter cette approche, Edgar Morin dont je lisais un interview dans le magazine TGV dans le train en venant disait : « Deux choses me permettent de garder espoir : la première est que l’imprévu est souvent survenu dans l’histoire de l’humanité » et la deuxième « tient à l’existence de capacités créatrices qui existent chez tous les individus et dans toutes les sociétés. Ces capacités sont en général endormies parc que les individus sont domestiqués dans des sociétés ossifiées. Il est possible conclut il de ressusciter l’espérance étant donné qu’espoir ne constitue jamais certitude ».

Espérance et créativité. Ma troisième raison de sérénité provient donc de ce défi que nous avons à relever. Comment ne pas répondre à cet appel pour un mouvement baigné dans l’action catholique et son parti pris de l’espérance, et irrigué par la créativité et la pédagogie de l’éducation populaire. On se plaint souvent d’être dans le mauvais lieu au mauvais moment. « Le CMR est à la marge », « à contre temps ».

Comment pourrions nous ne pas changer de posture face à l’évolution de notre environnement : Sachons ressusciter l’espérance, provoquons l’imprévu.

Enfin ma dernière source de confiance sur notre chemin, je les trouve dans les paroles du Christ que Benoît XVI rappelle dans la conclusion de « Caritas in Véritate ».

« C’est pourquoi l’amour et la vérité nous placent devant une tache inédite et créatrice assurément vaste et complexe. » en ajoutant « . C’est pourquoi, m^me dans les moments difficiles, et les situations les plus complexes, nous devons non seulement réagir en conscience mais aussi et surtout se référer à l’amour du Christ. » .

Bonnes UE à toutes et tous.

Pierre-François Bernard, Président National


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